Christel BEGUIN

Christel BEGUIN


NOVEMBRE 2020
PLASTICIENNE


LES SAYNETES DE CHRISTELLE BEGUIN

« Artiste d’Art-Récup’, Christelle Béguin crée des saynètes où n’entrent pas en ligne de compte, comme chez tant de récupérateurs, la notion d’usure du temps. Simplement, elle récupère tout ce qui lui parle : boîtes à sardines ou à conserves, petits animaux, réveils, baigneurs, fleurs, moules à gâteaux, etc., quels que soient les matériaux dont ils sont composés. Tout cela petit.

Et voilà qu’avec un goût exquis, ce paraphernalia se combine, devient scènes de vie : Sur un socle métallique « en or », où s’étale une corbeille de fleurs les unes de couleurs vives, les autres pâles, de façon à créer des contrastes raffinés, « danse » « La Reine des poulettes », en juste-au-corps emperlé, cheveux entrelacés de rubans et tête coiffée d’une tiare. Ailleurs, jupe-moule inversé, torse-corbeille tressée teinte en bleu sur fond doré, nanti d’ailes blanches vaporeuses, fraise crénelée, tête de baigneur aux cheveux bleus frisés coiffés d’une chapka-marmite, bouche bée, se dresse un délicat éphèbe entonnant « Le cri de l’ange » ! Ailleurs encore, sur ses quatre pattes solides, posées sur un plat rond orné d’un collier de médailles, son nom suggérant qu’elle peut tourner, « La Girelle », girafe couverte d’un tapis coloré, tachetée de noir et blanc, tend vers l’horizon son cou interminable surmonté d’un visage-conque aux cheveux hirsutes. Enfin, sur des tablettes, se présentent côte-à-côte des boîtes dentelées renfermant des petits morceaux de vie, des animaux imaginaires, une grenouille coassante, des réveils habités…

Une œuvre pleine de rêve, agréable à regarder par la façon dont l’artiste a su, à partir d’objets banals, voire rustiques, créer des petites tranches de vie riches de fantasmagorie. »

Jeanine RIVAIS