Maxime FRAIROT

Maxime FRAIROT


Peintre
Décembre 2019

Lorsque l’on regarde l’ensemble des oeuvres de Maxime FRAIROT, à premiére vue, on ne décèle que des visages ciblés d’yeux exorbités mais loin d’être borgnes de l’esprit, de bouches au mordant accentué et de fronts étirés jusqu’à la démesure… mais rapidement le sentiment d’intrusion nous envahit pour découvrir la peinture. Agitateur de la pensée, l’artiste nous prête ses coups d’oeil sur les faces d’un monde autant qu’il nous donne son regard qui dévisage des figures non pas comme on les voitmais comme le peintre les ressent, dépeignant beaucoup plus qu’il ne les pense.

Donc, voici Nous. Devant le miroir de nos reliefs physiques. Homme de l’être, l’artiste nous projette ses errants de lumiére tels des fonds documentaires dans des formats morcelés en divers mediums lesquels sont parfois flanqués de quelques effets spéciaux: des collages; avec ici, rajout, en saillie, d’un oeil, là, des lèvres par effraction que le plasticien extorque à quelques magazines glamour voire gesticulateurs de doxas comme colporteurs de rumeurs. Mais que l’on ne s’y méprenne, si « Le père Noël est une ordure » comme les autres, sur ces cimaises « Le Diable ne s’habille pas en Prada ». Dans ses écrans d’arrêt, ce n’est pas la cause du peuple qu’il emprisonne mais les choses de l’existence, la fiévre du quotidien qu’il met en scéne. Car dans ses plans séquences, le peintre fait poser la vie impliquée par le verbe du pinceau, entrainée par la gestuelle de la couleur et agitée par une palette porteuse de sens donnant à tous ces faciés des gueules d’atmosphère. Et, cette répartie légendaire du 7e art incarne en masse un melting-pot de vécu, de pensé et de senti que nous déroulent les écrans picturaux de Maxime FRAIROT. Dans ses arrêts sur images, il nous dote de cadrages en plan serré sur une fraction de la scène comme sur des fragments corporels qui s’avèrent, alors, une proposition laissée à notre improvisation pour imaginer la suite de ces fresques dont les hors-champs nous convient à examiner notre rapport au monde. En effet, l’artiste embrasse d’abord, la liberté de se confronter aux problêmes pcturaux. L’art n’est il pas à lui seul déjà tout un monde ? C’est pourquoi, seule reste iconoclaste l’identité métaphorique car l’artiste, dans cet affrontement obsessionnel, par l’exploration de moult strates de perception, privilégie le silence pour mieux rélfechir la volonté d’exister, pour mieux capter les pulsions d’une société qui revisite ses codes et pour mieux écouter les visiteurs de ses oeuvres qui sont, tour à tour, regardeurs/regardés, objets & sujets. Pas de jugement ni de morale, aucunes exclusions ni voyeurisme primaire car c’est l’humain qui est placé au coeur de sa création. Elaborés, les scenarii maïeutiques de Maxime FRAIROT ont l’art de recevoir, glissant quelques entractes à résonnance autobiographique avec des autoportraits questionnés par lui-même ou sur sa familiale PME (père, mère, enfant). Un « Je d’acteur » qui devient lui aussi spectateur du tableau. La toile comme interface-à-face qui transfigure ses rencontres inspirées d’une réalité ou d’un évènement voire qui recompose des silhouettes inventées par un imaginaire fécond. Témoin, assitant, réalisateur, Maxime FRAIROT est un peintre doublé d’un humaniste qui en incarnant ses propres antidotes, (se) réalise à être simplement lui-même.

https://www.maximefrairot.com/