Michel BOETSCH

Michel BOETSCH


Plasticien
Mai 2020

Tempête sous un crâne
Dressés et entravés dans leur gangue rigide, brute, les Oishommes imposent leur silhouette improbable avec une morgue qui souligne leur évidente identité de sémaphores humains. Debouts, oui, par un miracle d’équilibriste, le bec comme un promontoire, tantôt conquérant, parfois désabusé, toujours intensément présent. Un bec sans aucune illusion, qui crie et qui impose, qui exprime dans toute sa singularité l’enfermement et la contention de corps désarticulés, desquels on ne sait plus distinguer le volatile aux pattes fines de l’homme aux épaules marquées.

Parfois, l’Oishomme se contorsionne pour plier son squelette rigide, et il s’assied. Tel un présage funeste, ou une pensée profonde, il trouve refuge sur une île – un crâne – et y mène des conversations secrètes avec d’autres congénères. C’est alors une cacophonie silencieuse qui envahit l’espace, un moment d’égarement ou de cogitation : dos à dos, les Oishommes imaginent, dessinent, projettent, questionnent. Tempête sous un crâne, non, vent salvateur dessus, car de ces formes ligotées émane une liberté toute singulière.

Alors, un peu oiseaux et beaucoup hommes, ces créatures qui cherchent la lumière ne tombent pas dans le piège évident d’une représentation simpliste de la condition humaine. Les Oishommes racontent ce que nous voulons bien entendre. Lignes épurées tutoyant les nuages, elles sont un point d’interrogation en route vers l’infini.

Nathalie Ewert

http://michelboetsch.com/boetsch/